Sur la route de la Kolyma, Nicolas Werth

Synopsis : Durant plus d’un mois, Nicolas Werth, spécialiste reconnu des politiques de violence en URSS et de l’histoire du Goulag en particulier, et ses compagnons de voyage vont sillonner la Kolyma, région symbole du goulag, la plus éloignée et la plus inaccessible, à la recherche des dernières traces du plus grand ensemble concentrationnaire soviétique. Durant 25 ans, entre 1930 et le milieu des années 1950, 20 millions de soviétiques sont passés par ces camps, 2 millions sont morts au Goulag, plus d’un million ont été exécutés.
Nicolas Werth a retrouvé les traces des derniers survivants. Il a visité les rares musées, nés généralement d’initiatives privées, où sont exposés des rares vestiges de la civilisation goulagienne; encore conservés. Il a sillonné les pistes de la Kolyma, construites par les détenus eux-mêmes, pour tenter de retrouver les restes des camps de travail forcé, où les détenus extrayaient, dans des conditions extrêmes (-50 °C l’hiver), l’or, grande richesse de la Kolyma, le cuivre, l’uranium et d’autres minerais.
Une quête souvent vaine, tant les traces se sont effacées dans ce milieu que l’homme n’a jamais véritablement conquis. La nature a repris ses droits, la taïga et la toundra ont englouti les derniers vestiges des camps. Dans ces conditions, comment l’historien peut-il encore appréhender cette civilisation disparue? À travers les seules archives administratives, les récits des derniers survivants?
Ce voyage à la recherche de la Kolyma perdue est aussi une réflexion sur le métier d’historien.

Mon Avis : N’ayant jamais lu de roman historique j’ai eu du mal à rentrer dedans, car j’ai mis du temps à m’habituer à lire de « vrais » témoignages et faits historiques. Ce n’est pas un livre qui nous permet de nous échapper de notre réalité, mais qui nous raconte celle de millions de soviétiques… J’avais étudié en cours cette période en cours, mais vaguement, quelques chiffres pour prouver que les goulags ont fait beaucoup de morts mais un temps d’étude beaucoup plus long sur Staline.

Nicolas Werth nous raconte son voyage dans la Kolyma, région un peu oublié de la Russie, en Sibérie. Cette région si riche en goulags. Ces goulags dont on entend seulement les horreurs mais qui représentaient le quotidien de millions de soviétiques. Rares sont ceux qui ne connaissaient pas leurs existences. Tout le monde les craignaient et y aller était trop souvent synonyme de dernier voyage et d’adieu final. Sur les traces des Zeks et dans son voyage dans l’enfer soviétique, l’historien nous fait découvrir cette région de la Kolyma, emblème des camps de concentrations. Nicolas Werth nous emmène en visite dans divers musées, nous montre comment cette période, jusqu’en 1991, a été vécu par les résidents. C’est très intéressant de voir les différents ressentis, sur le moment et au moment de l’interview, 20 ans après la chute de l’URSS et l’histoire de chacun des interrogés. Certains ont réussi à échapper aux camps, d’autres n’y sont jamais allé et ils nous racontent tous leurs expériences. Ceux qui témoignent des camps nous racontent l’horreur de leur quotidien et l’absurdité de leur ordre d’arrestation, souvent non justifié et comment, à la différences d’une grosse majorité, ils s’en sont sortis.

Ces témoignages poignants récoltés par Nicolas Werth et ses compagnons sont aujourd’hui chose précieuse, les sites, les camps étant laissés à l’abandon et dont il ne reste pratiquement plus rien, or mussées, aujourd’hui. En citant des extrait d’autres livres sur le même sujet, l’auteur compare les points de vus, les descriptions…

Récit historique très enrichissant, pour moi qui ne connaissait pas grand chose sur les goulags en dehors de mes cours, et qui fait prendre conscience de l’horreur des goulags et d’un monde d’il n’y a que 15 ans.

Citation préférée : Face à ce paysage qui offre sa splendeur et dissimule son passé, je ressens un profond malaise : comment peut- on admirer le cadre d’un tel malheur, d’un tel anéantissement, d’une telle souffrance collective ?

L’expérience du camp a été une expérience collective – et en même temps, une expérience profondément individuelle car, dans l’univers concentrationnaire, l’homme est fondamentalement seul –Vercernii Magadan 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s